Hoy todos somos Chilenos! Todos somos minores! Aujourd’hui, nous sommes tous Chiliens. Nous sommes tous des mineurs! Et nous regardons tous vers l’avenir…
Le 20 mai 80, il n’y a pas que les espoirs d’un pays bien à soi qui se sont effondrés, au Québec. Pendant que René Lévesque préparait son « Si j’ai bien compris, vous êtes en train de me dire : à la prochaine fois », des centaines de km plus au nord, un drame, bien différent, se préparait. Un drame du genre: il n’en faut pas, de prochaine fois…
Le 13 octobre 2010, deux mille journalistes sont rassemblés au Chili. Un milliard de téléspectateurs verront ce sauvetage et ces images d’allégresse, gracieuseté de mon amie Agathe. Non, il ne faut pas qu’il y ait une prochaine fois.
Un président qui aime les kodaks:
Impossible, pour les micros et les caméras, d’échapper à l’omniprésence de ce président qui a su récupérer à son profit cette tragédie qui s’est transformée en occasion de célébrer… et d’accumuler un peu de capital politique.
L’État intervient peu dans le domaine du travail, au Chili. D’où l’absence de normes minimales, comme il en existe au Québec. Mais si le Chili avait été gouverné par les Libertariens, non seulement l’État n’aurait pas cru nécessaire de baliser les pratiques de l’industrie, mais il aurait laissé crevé les 33 mineurs: que la compagnie se débrouille.

Sept jours après l’éboulement qui a bloqué les “33″, le ministre des Mines jugeait pourtant “très faibles” les chances de les retrouver vivants. Mais sous la pression des familles des mineurs, le président a pris des décisions, les secouristes ont poursuivi leurs efforts jusqu’à ce qu’une sonde remonte le 22 août avec le message griffonné sur un bout de papier, désormais célèbre: “Nous allons bien, les 33, dans le refuge”. AFP
Le nouveau président du Chili, Sebastián Piñera, a largement trouvé son compte dans cette médiatisation à outrance. L’homme, il est vrai, s’y connaît en matière de médias et d’exploitation minières, lui qui a investi dans de très nombreux secteurs économiques : immobilier, médias, minerie… Il s’est notamment porté acquéreur de la totalité du capital-actions de Chilevisión.
Neveu de l’archevêque Bernardino Piñera Carvallo, deux fois président de la conférence des évêques du Chili, PhD en économie (Harvard), il gère une fortune évaluée à un milliard de dollars par le magazine Forbes. Mais, comme le rapporte Wikipedia, il s’est rendu coupable d’un délit d’initié suite auquel il a été condamné à une amende de 363 millions de pesos chiliens (un demi million de dollars), et il n’a pas fait appel de cette condamnation.
C’est lui, Piñera, qui sous la pression des familles, a insisté pour que l’on poursuive les recherches. Il a fait dégager des fonds et mobiliser les foreuses de l’espoir. On connaît la suite.
L’heure des réjouissances a passé; voici venue l’heure des bilans et de la remise en question.
L’après-sauvetage
Le président chilien a bien récupéré le capital de sympathie qu’a suscité ce sauvetage particulièrement émouvant et médiatisé à outrance. Conscient de cet appui populaire que lui vaut ce sauvetage quasi miraculeux, conscient des lacunes, Piñera promet de tripler le nombre des inspecteurs; de moins de 20, ils passeront à près de 60… pour 2000 installations minières. C’était trop peu, et ce sera encore trop peu.
Une partie des installations est déjà adéquate. Mais obliger les plus petits exploitants à se conformer, n’est-ce pas les forcer à la fermeture? Pertes d’emploi en perspective… Le gouvernement est confronté à des choix difficiles; saura-t-il garder le cap?
Les 33 mineurs sont gonflés d’adrénaline. Pour un temps, ils seront portés par leurs émotions, et par les émotions de 17 millions de Chiliens (et quelques Boliviens). Pour un temps, ils auront tous grandi de 10 cm. Minimum. Peut-être leur mésaventure fera-t-elle d’eux des hommes riches. Mais quand la poussière retombera? Le sevrage de cette gloire éphémère, comment y survivront-ils? Car la gloire passera. Aussi difficile à gérer soit la gloire du moment, ce n’est rien, comparé à la difficulté de gérer le retour à l’état de quidam à qui personne ne s’intéresse plus.
Les interventions du président auront contribué à galvanisé la nation toute entière. Et les 33, bien sûr. Peut-être un peu plus de discrétion aurait-elle été de mise? Préoccupé par sa propre image, le président l’aura-t-il oublié?
= = = = =
Marie-Claude Malboeuf rapportait le 14 octobre dans La Presse:
«Pour quelle raison voudrais-je qu’on se souvienne de moi? a dit Piñera au quotidien britanniqueThe Guardian, peu après son élection. Est-ce que je veux que mes enfants et mes petits-enfants se souviennent de moi parce que j’ai gagné 1 million de plus? Non! J’ai décidé il y a 20 ans de faire des choses qui ne sont pas traditionnelles et qui ne sont pas pour l’argent.»
Mais l’un des frères de Piñera a occupé un poste de ministre sous… Pinochet. Des Chiliens s’en inquiètent. Marie-Claude Malboeuf, encore:
«S’il est habile, Piñera voudra utiliser son nouveau prestige pour faire passer ses réformes, mais le jeu partisan reprendra vite le dessus, croit de son côté le politologue Jean-François Mayer, spécialiste de l’Amérique latine à l’Université Concordia. Le Chili fait par ailleurs face à d’importants défis économiques et sociaux.»
Histoire à suivre, donc.
Les mineurs: le Québec n’est PLUS le Chili
Parmi les 33 mineurs rescapés, deux cas de silicose. V’là quelque chose que les vieux mineurs ont connu au pays de Papitibi et des mouches noires. Mais au Québec, l’État – le gouvernemaman tant décrié par les libaaaaartariens – a pris le taureau par les cornes et ça donne des résultats. Bien sûr, des accidents miniers, il y en a. Comme ce soir où Val d’Or avait eu la mine basse:
Le 20 mai 1980, jour du référendum au Québec, vers 22 h, le toitde la mine Belmoral à Val d’Or s’effondre, emprisonnant dans ses débris 24 mineurs. Seize d’entre eux ont la chance d’échapper de justesse au déferlement de boue et de glaise; huit de leurs camarades demeurent coincés. L’eau, la boue et la glaise retardent sans cesse les mesures de sauvetage. Le 3 juin, les dirigeants de la mine déclarent qu’il ne reste de l’espoir de retrouver vivants que deux des huit hommes ensevelis. Le lendemain, trois hommes sont déclarés morts. Au même moment, le président de Belmoral, M. Clive Brown, affirme qu’il désire reprendre la production le plus tôt possible.
Ce n’est que deux mois après la tragédie, soit le 30 juillet 1980, que lesdeux derniers corps des victimes seront retrouvés. Des autopsies révèlentque les huit mineurs auraient succombé à l’asphyxie ou à la noyade.
Le cynisme du président de cette entreprise de pompage funèbre avait soulevé la colère des Abitibiens.
Les choses, néanmoins, ont bougé. En principe, un accident similaire ne se produira plus. En principe. Le Québec n’est pas le Chili, écrivait Jean-Pascal Lavoie dans Le Soleil, édition du 15 octobre 2010:
«Au Québec, il y a toujours des ingénieurs miniers, accompagnés d’un géologue, qui préparent des plans et devis pour s’assurer de la solidité du sol avant que l’on effectue des travaux», précise M. [Donald] Noël, du Syndicat des métallos. «Un effondrement com me celui qui s’est produit au Chili risque peu d’arriver ici.»
Il y a quand même eu trois morts, le 30 octobre 2009, à la mine Lac Bachelor, près de Desmaraisville. Négligence grossière. Et ce qui ne devait pas arriver… est arrivé.
La Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) a terminé son enquête sur la mort de trois travailleurs de la mine Lac Bachelor, au Nord-du-Québec. L’organisme attribue l’accident à une mauvaise gestion des dangers liés à la présence d’eau dans la mine…
D’abord, une fuite à la jonction de deux tuyaux du système de pompage a provoqué l’accumulation d’eau dans le puits de mine et les travailleurs sont descendus sans connaître le niveau de l’eau. En plus, l’inspecteur de la CSST, Mario Saint-Pierre, explique que le système de détection du niveau de l’eau ne fonctionnait pas. « Les fils étaient débranchés dans la boîte de contrôle. Si les fils avaient été branchés, l’alarme aurait été déclenchée à la surface », dit-il.
Il y a donc lieu de resserrer davantage la règlementation. Et les inspections. Et c’est à l’État qu’il revient d’intervenir, n’en déplaise aux Libertariens…




Rand Paul, ce grand libertarien, a dit suite à la mort de deux mineurs dans son état : Sometimes, accidents happen.
Le groupe AmericansforAmerica en a fait une pub radio.
Et ce grand libertarien considère que la règlementation en sécurité n’est pas nécessaire.
“Back in August, mine workers in Kentucky criticized the conservative contender for suggesting congressional lawmakers shouldn’t be legislating and enforcing industry safety rules.
More recently, Paul appeared to soften the words he used to communicate his views. The AP reported last month that he suggested more safety inspectors may be needed to protect coal miners, but “he still thinks miners, mine operators and mine regulators in Kentucky know what works best to keep Kentucky miners safe.”"
http://www.huffingtonpost.com/2010/10/15/rand-paul-mining-chile-ad_n_764022.html
Je dirais à Rand Paul et aux libertariens quant à leur candidature à un poste élu: Sometimes shit happens
Le suppôt virtuel des américains, l’Antagoniste, était furieux qu’on se pose cette question: Chili : Et si le gouvernement avait été libertarien.
Dans maints pays, on exerce encore et encore ce capitalisme sauvage que même nous des pays “dit riches” ne l’ont pas encore dompté totalement.
Le Président chilien de droite avait une côte à remonter depuis le tremblement de terre et le raz-de-marée et comme vous l’avez écrit, s’est sous les pressions des familles qu’il a bougé.
Dans un momde libertarien, est-ce que nous aurions été informés de cette tragédie?
@ Lutopium
«Dans un momde libertarien, est-ce que nous aurions été informés de cette tragédie?»
Oui, on aurait été informé que les recherches auraient été abandonnées et qu’il n’y aurait eu aucun espoir de retrouver des survivants.
Je sais que David Gagnon était furieux que Richard Hétu pose une question un peu différente de la mienne:
Si les mineurs chiliens avaient été des tea partiers, ils se seraient entretués après deux jours. C’est ça, l’affirmation de Chris Matthews reprise par Richard Hétu.
Et de un, je ne crois pas que les termes libertarians et tea partiers soient totalement interchangeables. Et de deux, l’affirmation de Matthews me semble un peu exagérée.
Mais Gagnon, lui, est tellement insulté, le pôv ti-pitre, qu’il vire ça à l’envers: si ils avaient adopté un comportement socialiste, les mineurs auraient dépouillé le plus fortuné d’entre eux jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un seul.
Kâlisse d’insignifiant! à 700 mètres sous terre, la “fortune” (dans le sens de “richesses matérielles”), ça n’existe pas. La seule chose qui distingue le mineur 4 du mineur 31, c’est que 31 mesure 3 cm de plus alors que 4 est de 6 ans l’ainé de 31. Le mineur 26 est bolivien, 24 est de souche européenne, 23 est d’origine amérindienne, 9 court 10 km par jour, 10 préfère chanter, 11 est plus taciturne, 12 trompe sa femme, 13 est superstitieux, 14 est très croyant, 15 a 2 enfants, 16 n’en a pas… Mes numéros ne correspondent à rien, surtout pas à l’ordre de sortie.
Le plus fortuné, au fond de la mine, c’est celui qui a le meilleur moral. Comment un dépressif “socialiste” pourrait-il voler à l’autre son moral et son optimisme? Est-ce que 16 peut voler à 15 son capital humain (ses deux enfants)? Est-ce que 28 peut arracher à 3 ce qu’il n’a pas, que ce soit une intelligence supérieure, un plus beau sourire ou une plus grande force physique?
En conclusion, et je me permets de paraphraser le maître-antagougoune lui-même, David Gagnon, selon certaines personnes qui ne connaissent strictement rien à la philosophie socialiste, si les mineurs chiliens avaient été des socialistes, ils seraient tous morts au fond de leur trou avant que les secours puissent les atteindre.
Pas fort, le Gagnon. Que ceux le croient brillants lèvent la main…
On aurait aussi été informés que la production reprendra dans les plus brefs délais…
Le libertarisme est un des rare sustème qui ne marche pas, même en théorie.
(CorrectionL C’est vrai que “ça marche” pour ceux qui regardent crever les autres.)
Jean Émard
Depuis que le nouveau régime Libertistan a aboli son office de la statistique, les accidents mortels dans les mines ont considérablement diminués. LOL
Jean Émard
régime Libertistan = régime du Libertistan
Comme dans le cas de la Belmoral à Val d’Or, en somme; tous les corps n’avaient pas été récupérés que déjà le gérant de la mine voulait reprendre la production.
Les machines auraient accepté de travailler. Mais sûrement pas les mineurs qui avaient l’habitude de partager le repas de ceux de leurs compagnons qui demeuraient ensevelis. Mais pour exploiter une mine de roches, quoi de mieux que d’en avoir une à la place du coeur?
Quand on veut un petit gouvernement, on coupe! On obtient alors la preuve que ça fonctionne. LOL
Un article en anglais décrivant comment le capitalisme aurait tué ces mineurs. Je crois que ça s’applique aux libertariens.
Un paragraphe qui résume bien l’article :
“Once the mine shaft collapsed in Chile, the private mining company declared that it not only could not pay to rescue the miners — it could not even pay their wages. The private company threatened to file for bankruptcy. The rescue was paid for by the State-owned mine (i.e., the Chilean government had to bail out the private mine owner to the tune of an estimated rescue cost of $10 to $20 million in order to rescue the miners). A $25 ladder apparently would have prevented the tragedy, but the private owners’ profit motive led them to avoid that expense. The Chilean mine had gold and copper ore. Both of those minerals are selling for record prices. This makes the private mining company’s failure to provide another exit and a ladder all the more outrageous. Where did the profits go? Capitalism would have left the miners to die. The government paid to rescue the miners.”
http://www.huffingtonpost.com/william-k-black/capitalism-would-have-kil_b_764948.html
Selon le gros cave à Gagnon et ses libertariens le privé est responsable.
Pourtant au Chili c’est le gouernemaman qui à sortit les mineurs du trou. Mais pour pousser leur philosophie complètement cave, ils sont heureux d’affirmer que c’est une compagnie privée qui a sortit les mineurs du trou.
“Dans un tel régime, (SOCIALISTE) les mineurs auraient utilisé la force pour dépouiller leur collègue le plus fortuné. Une fois cela fait, le groupe aurait ensuite désigné un autre mineur qui aurait été la cible de leur prochaine attaque (et ainsi de suite). S’en serait suivi une longue et épuisante suite de combats qui auraient transformé la mine en véritable jungle; chaque protagoniste étant contraint par le système d’utiliser le peu de ressources à sa disposition pour comploter dans le but d’assurer sa propre survie, la mine serait venue à bout du mineur le plus endurant.” (David Gagnon)
Et voilà que ce gros criss de cave vient de nous décrire le capitalisme sauvage. Les requins qui se mangent entre eux et qui ont mis les USA dans la dèche pour DIX ans en faisant payer les petits capitalistes.
Si Gagnon ou tout autre libertarien étaient au fond du trou avec un système de communication, ils communiqueraient avec leurs voisins et leur amis liertariens et aucuns d’entre eux ne sortirait deux piasses pour le sortir du trou.
C’est le régime du moi, moi moi et seulement moi. Pas pour rien qu’ils admirent les poches de thé des usa qui ne sont que de gros bébés gâtés exploité par des fortunés pour prendre le contrôle des USA.
Sont tous caves.
Si un état devient libertarien quelque part, la nature reprendra vite ses droits de société.
L’être humain est un être social et l’individualiste est son ennemi mortel.
Pardon j’aurais du écrire “individualisme”. (dernière ligne de mon 18h37)