Je remercie Stridulation – Stéphane Thibodeau – pour m’avoir mis sur cette piste.
Quand j’étais p’tit, on achetait des petits Chinois. Je sais pas où allait l’argent de nos généreuses contributions (0.10¢ par semaine) mais je sais qu’aujourd’hui, ce sont les Chinois nous achètent, une roche à la fois. Quand j’étais plus jeune, on exportait nos missionnaires au Congo ou à Haiti; aujourd’hui, le Québec est devenu terre de mission pour le clergé africain.
Mais surtout, le Québec exportait des observateurs en terre barbare et faisait rapport de leurs conclusions sur le processus démocratique que ces contrées ne parvenaient jamais à implanter. Normal, c’était des nègres, des arabes ou d’autres sortes de cannibales. Ou même des yeux bridés couleur jaunisse.
Aujourd’hui que je suis vieux, j’assiste impuissant, par médias interposés, à une véritable déconstruction de la société québécoise: 165 manifs en 70 jours, c’est largement suffisant pour alimenter l’exaspération, la frustration et la colère des "victimes collatérales". Mais 70 jours de sourde oreille de la part du gouvernement, c’est largement suffisant pour alimenter la colère, la frustration et le ressentiment des étudiants. En contrepartie, qu’est-ce qui peut bien alimenter la hargne de Line Beauchamp? Un étudiant de 21 ans, qui ose lui tenir tête? Grow up, madame!
La société québécoise paie le gros prix pour cette crise d’adolescente attardée: c’est nous autres qu’on est en t’siour du microscope d’Amnesty International, batême… Y a de quoi faire débander même une estatue de Michaelangelo nourrie au viagra. Une vraie honte pour le Québec.
Amnesty, 23 avril 2012:
Nous avons pris connaissance du nombre grandissant de récits journalistiques, de témoignages et de rapports décrivant les tactiques policières lors des manifestations, les méthodes d’arrestation, les actes de vandalisme et autres formes de violence, dans certaines villes et universités au Québec.
Ces renseignements nous portent à croire que l’approche choisie pour assurer la sécurité lors des manifestations semble avoir entraîné des violations des droits fondamentaux associés aux manifestations pacifiques et au cours normal de la loi, notamment le droit à la liberté d’expression et le droit de réunion pacifique et d’association, ainsi que le droit d’être protégé contre les arrestations arbitraires.
Ainsi, le professeur de l’Université du Québec à Montréal, Paul Bélanger, a porté plainte contre le service de police de Montréal, après avoir été frappé à coup de matraque, vendredi 20 avril, alors qu’il manifestait pacifiquement aux abords du Palais des congrès de Montréal : « Dès que les policiers ont annoncé que la manifestation était illégale, ils se sont mis à courir vers nous. Je ne cours pas aussi vite que des jeunes étudiants, ce qui ne signifie pas que j’opposais une quelconque résistance aux policiers, explique Paul Bélanger. « La population, dit-il, a le droit de manifester sans être attaquée par les forces de l’ordre. »
[...] Amnistie internationale s’inquiète du fait que les tactiques utilisées par les forces policières face à certains incidents violents et aux manifestations pacifiques, ainsi que les mesures de sécurité adoptées dans certaines universités, soulèvent des questions troublantes sur le respect de ces droits fondamentaux : usage excessif de la force par les autorités policières, arrestations massives et potentiellement arbitraires, intimidation et profilage par des forces de sécurité sur les lieux de l’université.
[...] Amnistie rappelle sa préoccupation face à la hausse des frais de scolarité, qui porterait atteinte à la progressivité vers une accessibilité à tous et toutes au cursus universitaire, telle que l’entendent les observations générales sur le Pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels auquel le Canada est partie.
Source: Amnesty International
Un abus qui fait frémir
Puisqu’il est question des récits journalistiques, voici un témoignage éloquent, sur vidéo. Ces images ont été tournées pendant la manif du 25 avril, en soirée. Surveillez bien cette auto-patrouille qui fonce littéralement sur les manifestants, sans égard à leur sécurité.
Les gros bras de la police et les ti-jos connaissant, comme ce Ethrop croisé sur le Huff Post, ont en commun de faire fléchir plutôt que de RÉfléchir. À leurs yeux, un citoyen n’a pas le droit de s’opposer à un "beu". Ce pôv con d’Ethrop s’en prenait ici à Linda Hart, à qui il prétendait donner une leçon de droit:
La p’tite enrage, c’était à prévoir! Il y a plusieurs choses que la charmante Linda ( qui a surement un avenir de romancière) ne comprends pas:
[...] 4- Quand un policier vous dit: Tassez-vous, vous vous tassez. Point à la ligne. Vous aurez toujours l’occasion de subséquemment contester la validité de son ordre mais si vous insistez, vous commettez une infraction sérieuse: entrave au travail d’un policier. Point à la ligne. [23 avril 2012, 18h15]
Heu… pas sûr de ça, moi! Je dirais même plus: le citoyen qui se fait tabasser sans motif par un agent de la paix en fonctions a même le droit de mettre le policier en état d’arrestation, pour voies de fait. Quelques policiers montréalais l’avaient appris à leurs dépens après avoir soulevé une étudiante en droit par ses cheveux, au début des années 70, alors que l’étudiante était assise sur le trottoir. Pendant une manif…
Pour ce qui est de "la petite", c’est une grand maman. Une carrière de romancière, droit devant? Sûrement pas. Mais une carrière d’avocate derrière elle, par contre!
= = =
Quant au chauffard de cette auto-patrouille, bin… n’importe quel citoyen aurait pu procéder à son arrestation pour conduite dangereuse et négligence criminelle dans la mise en service d’un véhicule moteur. Si le gars est condamné, il perd son job: un dossier criminel et la fonction de policier, c’est incompatible.
J’entends déjà les protestations: il devait répondre à un appel d’urgence!
Ce à quoi il me faut répondre: B-U-L-L-S-H-I-T… M¸eme quand il répond à un appel d’urgence, un policier, un pompier ou un ambulancier DOIT respecter les lois et, en particulier, rien ne l’autorise à mettre une vie en danger.
Désolé, mais c’est comme ça. Et c’est pas mon opinion; c’est du droit. Period!





