Ce billet fait suite au précédent, dont il est le complément.
Voici donc cette invitée surprise à la discussion:
La Convention européenne pour la protection des animaux de compagnie
Quelqu’un a entendu parler de cette Convention adoptée le 13 novembre 1987 par les États membres du Conseil de l’Europe? Non? Considérez désormais que vous en aurez été informé(e)… L’Allemagne en est membre depuis 1950. À retenir…
Article 10 – Interventions chirurgicales
- Les interventions chirurgicales destinées à modifier l’apparence d’un animal de compagnie ou à d’autres fins non curatives doivent être interdites et en particulier:
- la coupe de la queue;
- la coupe des oreilles;
- la section des cordes vocales;
- l’ablation des griffes et des dents.
L’excision des jeunes filles fait l’objet d’une interdiction. La coupe des oreilles et de la queue des animaux de compagnie est interdite. En Allemagne, et à moins que le jugement rendu à Cologne ne soit porté en appel et renversé [6] – ou à moins d’une intervention du législateur – il n’est plus possible de "mutiler" un bambino en lui triturant le prépuce sans son consentement.
Conclusion
À toute médaille il existe un revers: ici, la liberté de religion et le droit de l’enfant de ne pas être mutilé constituent deux droits mutuellement exclusifs. Alors comment réagira le gouvernement Merkel? Auquel de ces droits accordera-t-il préséance?
Comment le gouvernement pourra-t-il faire accepter par la population (largement favorable à l’interdiction) que les droits des filles soient mieux protégés – par la Loi – que ceux des garçons? Et comment convaincre la population que les droits d’un animal de compagnie soient plus étendus et mieux protégés que les droits d’un bébé garçon?
Et si le jugement était porté en appel?
Ce n’est pas un choix personnel que j’exprime ici. Pour ce qui est des deux premiers énoncés, je ne me prononce ni POUR ni CONTRE le droit des parents à la liberté de religion. Ce droit existe en Allemagne comme chez nous et c’est très bien ainsi.
Mais, à la lumière de ces principes universels qui me sont familiers, j’estime que s’ils étaient appelés à se prononcer, les tribunaux d’appel accorderaient préséance aux droits de l’enfant.
Et de un, les Tribunaux tendent à privilégier le droit des enfants, qui eux, ne sont pas représentés devant la Cour et sont dans l’impossibilité d’acquiescer ou de dire NON. Principe universellement reconnu en droit.
Et de deux, la "balance des inconvénients" joue ici LARGEMENT en faveur de l’enfant. L’intervention chirurgicale n’est pas réversible. Par contre, rien n’interdirait à l’enfant, quand il aura grandi, de subir l’intervention si tel est son choix. Principe également universellement reconnu en droit.
Un troisième élément pourra faire l’objet d’un débat qui, lui, risque de soulever des vagues, sinon même un tsunami. La circoncision constitue-t-elle une valeur fondamentale de l’islam et du judaïsme, au point où la négation du droit de circoncire un enfant brimerait ou bien ses droits religieux à lui, ou bien les droits religieux de ses parents?
Ici, c’est une opinion personnelle que je vais exprimer et, je le dis sans hésitation, je ne suis un expert ni du droit talmudique ni du droit coranique vers lesquels il de fortes possibilités que les avocats renvoient les juges, qui ne sont pas eux-mêmes des experts en la matière.
Je ne sais même pas – ni les juges d’ailleurs – si Dieu, Yahweh ou Allah existe. Puisqu’il existe une "possibilité" qu’il n’existe pas, ce doute pourrait (au conditionnel!) teinter la décision des juges en faveur de l’enfant. Mais à supposer qu’il existe – whatever the name! – il faudrait se poser la question suivante – dont je sais déjà que musulmans et juifs vont contester la légitimité et la pertinence: est-ce lui qui aura dicté cette exigence de la circoncision, comme celle du voile, de l’obligation pour une femme de se soustraire au regard de l’homme qui n’est ni son père ni son mari, de la barbe, des boudins des Hassidiques, du crâne rasé, de la ségrégation que pratiquent hommes et femmes aux assemblées, et de tous ces rituels vestimentaires, dont la coiffe (kppah, turban, etc), du kirpan chez les Sikhs? Est-ce lui qui a dicté l’interdiction de la viande de porc? Est-ce lui qui a dicté l’interdiction de poser certains gestes le jour du Sabbat (sinon sous la "protection" que peut offrir l’érouv? Etc…
Ma réponse à moi, qui n’étais pas présent quand ces diktats auraient été dictés à l’humanité, et qui ne suis pas un expert, c’est NON.
Ne serait-ce que parce que dans aucune religion, Dieu/Allah/Yahweh (ou whatever) n’est présenté comme un trou de cul avide d’embêter tous ceux qui ont la Foi…
______________
[6] J’avais expliqué dans mon billet du 1 juillet dernier qu’il est peu probable que la décision soit portée en appel; les organisations juives et musulmanes ne disposent pas du droit de porter le dossier en appel, puisqu’elles n’étaient pas des parties au litige. Pourraient-elles financer l’appel devant le Tribunal l’Oberlandesgerichte - l’équivalent de la Cour d’appel du Québec, et si nécessaire devant l’instance suprême que constitue la cour fédérale de justice (Bundesgerichtshof)? Je ne sais pas. Par contre, Angela Merel a une patate chaude dans les mains: l’interdiction de l’excision. Et l’interdiction des interventions cosmétiques sur les animaux de compagnie.
Il y a un revers à toute médaille: ici, la liberté de religion et le droit de l’enfant de ne pas être mutilé constituent deux droits mutuellement exclusifs. Alors que fera Merkel? Quels droits auront préséance?
Comment le gouvernement pourra-t-il faire accepter par la population (largement favorable à l’interdiction) que les droits des filles soient mieux protégés – par la Loi – que ceux des garçons? Et comment convaincre la population que les droits d’un animal de compagnie soient plus étendus et mieux protégés que les droits d’un bébé garçon?





Je partage le fond de vos conslusions, mais…
«Comment le gouvernement pourra-t-il faire accepter par la population (largement favorable à l’interdiction) que les droits des filles soient mieux protégés – par la Loi – que ceux des garçons?»
Cette phrase pourrait laisser penser que vous comparez l’ablation du prépuce à l’excision. Il aurait été bon de préciser. Cela dit, je suis d’accord sur le fond, si on interdit des mutilations chez les unes (et chez les animaux), en quoi cette mutilation chez les uns, même si elle a moins de conséquences que l’autre, peut elle être permise?
@Darwin
Vous avez raison, les conséquences de la circoncision sont moins lourdes.
Et surtout, la circoncision ne porte pas avec elle tout l’odieux que l’on peut associer à l’excision.
L’excision, c’est un moyen d’exercer un contrôle sur la femme. La circoncision, c’est un rituel plus ou moins banal, dont les objectifs sont beaucoup plus nobles… pour peu que l’on puisse attacher un caractère de noblesse à des croyances religieuses qui poussent un père à mutiler son fils.
Ces deux billets ne portent pas un jugement moral sur l’excision. Ni sur la circoncision. Ils visent simplement à illustrer la limite des accommodements que nous pouvons ou que nous devons consentir au nom du respect de la liberté de religion.
Ils visent également – par la bande et sans doute d’une manière plutôt subliminale et indirecte – à dégonfler le mythe dont on nous remplit les oreilles, peut-être même de bonne foi.
Juifs et arabes sont cousins. Mais une certaine classe politique assimile les uns à l’Occident, les autres à des barbares sanguinaires qui seront toujours incapables d’assimiler les règles de la démocratie.
Et voilà que sur un point bien précis, juifs et arabes se liguent contre l’une de "nos valeurs occidentales"… Je parle d’arabes plutôt que de musulmans, tout en étant conscient qu’il y a des arabes non musulmans et des musulmans non arabes. C’est tout simplement parce qu’il y a moins d’affinités culturelles (non religieuses) entre un indonésien de Djakarta et un Arabe de Beyrouth qu’il n’y en a entre cet arabe de Beyrouth et un Juif de Tel Aviv…
Et puis, ma démonstration vise à comparer des cousins, qui sont parfois des frères (circoncision, certifications Halal et cachère presque identiques), et parfois des ennemis irréductibles: les bons d’un côté, les méchants de l’autre. Des bons, on dit qu’ils appartiennent à l’Occident et qu’ils en sont le dernier bastion devant les barbares arabes à barbe. Des autres, bin, on dit que c’est des barbararabarbus.
Quelque chose sonne faux.
Well well well
Je seconde cette excellente prise de position. Jamais une religion ne devrait pouvoir exiger que le corps humain soit mutilé dans une société civile. POING TALALIGNE!
«La circoncision, c’est un rituel plus ou moins banal, dont les objectifs sont beaucoup plus nobles »
Je n’ai pourtant rien écrit qui va dans ce sens… J’ai au contraire écrit à deux reprises que je suis d’accord sur le fond.
Même chose pour le reste de votre dernier commentaire, j’avais bien compris et je partage vos objectifs.
Bien que ça n’ait aucun rapport avec le sujet, je suis tombé là-dessus, mais ne pas tenir compte de certains commentaires livrés au bas de l’article: http://jacobdemeknes.blogspot.fr/2012/07/lettre-ouverte-de-jacob-cohen-mme-c.html
J’ignore jusqu’à quel point ce qui y est dit est vrai, mais je constate à nouveau, qu’il existe toujours des nuances parmi les tenants d’une religion, qu’elle soit juive ou musulmane, dans leur conception de la politique et de la justice.
@ Darwin , j’y reviens , faut que je reparte il fait beaucoup trop beau pour le temp^s de l’année.
J’ai déjà travaillé la-dessus le "TI-CASS".
Jean-Marie De Serre.
«J’ai déjà travaillé la-dessus le ”TI-CASS”.»
J’espère que ce n’est pas moi qu vous appelez le «TI-CASS»!
@Proulx
"Qui traites-tu de singe savant et de lèche-hémorroïdes?" (commentaire non publié, 16h52)
Si le chapeau te fait, et si tu tiens à le porter, c’est ton choix. Pas le mien.
Pour le reste, be-bye.
“Qui traites-tu de singe savant et de lèche-hémorroïdes?”
Où est-il aller pêcher ça? Est-ce qu’il commence à entendre des voix maintenant?
@Darwin , mais non . En 2004 ou 2005 cela a été discuté de l’importance du prépuce , je n’ai pas retrouvé l’article. De mémoire c’était dévenu très "IN" de se faire poser de la peau que moi dans le temps j’appelais un Ti-Cass et que cela se lavait le dessous en le retroussant.
De toute façon cela a été bien dit plus haut , sauf pour une cause médicale , que ce soit pour un homme ou une femme personne n’a le droit de décider à la place d’un enfant.
L’article est dans le même coin que l’article que je recherche sur les singes qui se mettent le sexe n’imprrte où , et que le pénis leur tombe pas longtemps après. Cela devait être dans le Soleil de Cyberpresse. C’est moins pire par contre que le tawoin qui se tape une veuve noire.
Bonne journée ,
Jean-Marie De Serre.