En guise de commentaire au billet publié par Josée Legault le 25 août sur l’affaire Bellemare,
Jean-Claude Pomerleau écrivait ce
25 août, à 12h52:
Qui dit vrai.
Cette question peut être trancher en cour:
Me Bellemare fait l’objet d’une poursuite au civil par Jean Charest. Il a là l’occasion de faire une prépondérance de preuve au sujet de sa crédibilité.
En effet il peut produire une test de polygraphe (détecteur de mensonge) en appuis è ses affirmations. Ce test est recevable en preuve selon un jugement de la Cour Suprême (surtout quand le noued du litige porte sur la crédibilité):
csc.lexum.umontreal.ca/…/1987rcs2-398.html
= = = = =
C’est un bel effort de recherche; malheureusement, je ne partage pas l’opinion de M. Pomerleau sur la recevabilité et la valeur probante du test du polygraphe (détecteur de mensonge) en droit civil.
Jean-Claude Pomerleau a d’ailleurs bien mal interprété la décision qu’il a lui-même citée. J’en veux pour preuve cet extrait du paragraphe 18 de l’opinion écrite par le juge McIntyre, en son nom et au nom des juges Dickson, Beetz et Le Dain:
En conclusion, ayant examiné les règles de preuve bien établies et appliquées depuis longtemps par nos tribunaux, je suis d’avis que le détecteur de mensonges n’a pas de place dans le processus judiciaire dans la mesure où l’on s’en sert comme moyen de déterminer ou de vérifier la crédibilité de témoins. On dit souvent que le détecteur de mensonges représente une application des connaissances et de l’expérience scientifiques modernes à la détermination de la véracité de déclarations humaines. étant donné l’importance de leur tâche, les tribunaux, affirme‑t‑on, devraient accueillir cet appareil plutôt que de s’accrocher aux méthodes imparfaites du passé. Bien que cet argument puisse séduire à première vue, selon moi, la réalité de la procédure judiciaire vient empêcher qu’il soit retenu.
Or l’action intentée par Jean Charest contre Me Marc Bellemare relève du droit civil.
Et c’est également le droit civil qui doit recevoir application devant la Commission Bastarache. Qu’en est-il donc du droit civil?
Ou alors, il pourra se contenter de prendre connaissance de cet extrait, qui constitue un excellent résumé du droit:
[28] Règle générale, les tribunaux se sont montrés réticents à l’utilisation du détecteur de mensonges en raison : (1) d’un degré de fiabilité douteux; (2) des règles de preuve applicables; (3) du fait qu’un tel procédé ne peut se substituer à la fonction du juge pour l’évaluation de la preuve en général et l’appréciation de la crédibilité des témoins en particulier.
La crédibilité de Jean Charest
Les procédures intentés par Jean Charest contre Me Marc Bellemare ne sont pas près de donner lieu à un jugement. Des élections générales seront déclenchées bien avant!
D’autre part, même si le procès devait être tenu et même si la décision était rendue AVANT la tenue du prochain scrutin, l’opinion publique n’en a que faire d’un jugement de la Cour supérieure! Cette opinion publique se se forge au gré du vent, au gré des refus successifs de Jean Charest de déclencher une enquête publique sur le financement des partis politiques (et du PLQ en particulier). Lentement, inexorablement, le bon peuple s’éloigne de son leader, et quels que soient les efforts qu’il fera pour redorer son blason, son chien est mort.
C’est mon opinion.
Mais madame le (la?) chef de l’opposition ne dégage pas elle-même une image très inspirante. Le deuxième parti d’opposition a été décimé au moment du dernier scrutin, et haché encore plus menu par ses luttes intestines et la dissension qui y règne. Et quant au troisième parti d’opposition, les efforts louables de son unique député, le Dr Khadir, ne suffiront pas à le catapulter au delà du 3e rang. If ever…
Politiquement, Marc Bellemare n’a rien à perdre, lui qui ne fait pas (officiellement) de politique. Cela dit, il a sans doute une idée derrière la tête!
Politiquement, Charest, lui, a tout à perdre. Même si le juge Bastarache devait clouer Bellemare au pilori, Charest aura été écorché dans l’opinion publique.
S’en remettra-t-il? Well, that’s another story! Je note ici, pour mémoire, que Brian Mulroney l’avait tassé du Conseil de ministres, ce qui ne l’a pas empêché de devenir plus tard (brièvement) chef du Parti Progressiste-Conservateur! Et sa déconvenue ne l’aura pas empêché de devenir chef du PLQ, puis Premier Ministre du Québec.
Un chat aurait 9 vies? Combien de vies politiques reste-t-il à John James?