9 commentaires sur “Pat Burns: Bonsoir, la police…

  1. Burns est le dernier entraineur du CH à m’avoir impressionné par son assurance, sa force, sa confiance en lui. Avec Burns, pas de niaisage et les joueurs le savaient.

    Qui aujourd’hui, devant les frasques nuisibles à l’équipe d’un joueur comme Corson à l’époque, se permettrait de dire à la caméra: Qui mange d’la marde!

    Ce n’est sans doute pas la meilleure approche psychologique, mais face à des individus gâtés par la vie qui n’assument pas leurs responsabilités, ce genre de réaction était approuvée par la majorité des amateurs.

    ===

    Ma relation avec mon père n’était pas très bonne, pour ne pas dire inexistante comme avec tous ses enfants. Cependant, quand la maladie a frappé, lui aussi a senti le besoin de se rapprocher de son entourage et une attitude différente a vu le jour. Le temps perdu a été rattrapé à bien des égards mais jusqu’à la fin, une certaine gêne, une retenue, sont demeurées dans nos relations dues aux années de l’enfance qui avaient été moins que satisfaisantes.

    J’étudiais à l’extérieur à l’époque où sa maladie était bien avancée, et à la veille d’un de mes départs, lui qui passait maintenant une bonne partie de ses journées alité, s’était levé pour venir, d’une voix tremblante par l’émotion, me dire au revoir comme s’il savait que c’était probablement la dernière fois qu’on se voyait. Et moi je n’avais pas su quoi lui dire ni comment agir dans cette circonstance. Quelques semaines plus tard il mourrait.

    J’ai toujours regretté cette épisode et avoir des regrets dans ces moments est la pire chose à expérimenter car on ne peut pas se rattraper. Quand quelqu’un recherche la paix et l’amour et qu’il est aux abois, rien de plus ridicule et néfaste que de laisser l’orgueil avoir son mot à dire.

  2. « …C’est mon propre père, lui même emporté par un cancer il y a 35 ans, que je croyais revoir dans cet homme abandonné lentement mais inexorablement par son propre corps. »

    J’ai eu exactement la même réaction. En souhaitant que ses proches conservent les meilleurs souvenirs car les derniers jours d’un cancéreux sous la morphine c’est pas jojo.

  3. (…) lui qui passait maintenant une bonne partie de ses journées alité, s’était levé pour venir, d’une voix tremblante par l’émotion, me dire au revoir comme s’il savait que c’était probablement la dernière fois qu’on se voyait. Et moi je n’avais pas su quoi lui dire ni comment agir dans cette circonstance. Quelques semaines plus tard il mourrait (…)

    J’avoue sincèrement que la lecture de ce passage m’a fait verser quelques larmes.

  4. @Poulou / Spritzer

    « J’avoue sincèrement que la lecture de ce passage m’a fait verser quelques larmes. » – Poulou

    Poulou, c’est ici que je dois me souvenir, sans doute, du fait que vous êtes veuf… Je sais aussi que vous avez perdu votre mère au cours des dernières années.

    De mon côté, et bien que j’habitais à plus de 600 km, les six week-ends qui ont précédé le décès de mon père, j’étais à son chevet. Cette période inclut, il est vrai, la période des Fêtes. Quoi qu’il en soit, et même si a relation avec mon père n’était pas facile, à chacun de mes départs pour l’Abitibi, cette émotion que décrivait Spritzer, nous la vivions, lui et moi.

    Les téléphones cellulaires n’existaient pas à l’époque; pendant les 7, 8 ou 10 heures que durait le voyage de retour (c’était l’hiver!), je me demandais constamment si, après avoir passé quelques heures avec moi, il n’avait pas « décidé » de lâcher prise.

    Il s’est éteint un vendredi, en fin d’après-midi. Ce week-end là, je ne devais pas faire le trajet.

    Après le premier de mes infarctus, j’ai vécu cette situation de l’autre côté de la lorgnette; je me sentais « partir » et le personnel ne parvenait à rejoindre aucun de mes enfants. De toutes façons, aucun d’entre ne se trouvait à moins de 600 km. C’était terrifiant, au point d’ailleurs où cette impossibilité d’entrer en contact avec l’un ou l’autre de mes enfants a provoqué une nouvelle douleur coronarienne. Cette fois, j’avais l’impression que le coeur avait explosé.

    Spritzer a évoqué la chose sous l’angle de celui qui reste. Je sais que Poulou a vécu une expérience traumatisante avec un cancer dont le traitement a été retardé en raison d’erreurs commises par le « système ». Moi, je m’en suis voulu longtemps pour ne pas avoir été là quand mon père et plus tard ma mère ont rendu leur dernier souffle; je les avais suivis d’aussi près que la distance pouvait m’y autoriser, j’ai échangé des regards tendres avec l’un et l’autre dans leur dernière semaine de vie, mais j’ai eu du mal à me défaire du remords de ne pas avoir été là quand ça comptait vraiment.

    Et plus récemment, quand j’ai craint de partir sans avoir pu faire mes adieux à au moins un de mes enfants, c’est là, je pense, que j’ai vraiment eu mal.

  5. @spritzer
    Votrre commentaire est trés puissant. J’ai frissonné en le lisant et le passage suivant, je l’ai mis dans un tiroir de ma mémoire afin que votre expérience me serve lorsque le moment se présentera. Merci.

    « Quand quelqu’un recherche la paix et l’amour et qu’il est aux abois, rien de plus ridicule et néfaste que de laisser l’orgueil avoir son mot à dire. »

  6. @spritzer

    Merci.

    L’orgueil est l’un des pires sentiments. Parfois, il nous permet de se défendre alors qu’à d’autres moments, il nous fait faire des gestes qu’on regrette.

    Pas facile à gérer l’orgueil.

    J’ai vu dans vos propos l’amour que vous aviez pour un père qui, probablement, vivait selon les normes sociétales du temps, c.à.d. qu’il ne faut pas exprimer ses émotions. L’important, c’est l’amour que vous que vous avez toujours à l’égard de votre père. C’est ce qui compte.

  7. spritzer dit :

    20 novembre 2010 à 01:21

    J’ai vécu une jeunesse un peu comme la vôtre, et j’ai quitté la demeure familiale tôt pour m’évader de la dureté paternelle, des blâmes, du contrôle… J’ai laissé passer et faire le temps, sept ans en fait, puis les choses se sont normalisées, mais n’ont jamais été au beau fixe. Une gêne et un certain écart sont demeurés dans les relations.

    Quand mon fils aîné a commencé à avoir de sérieux problèmes de comportement devant l’autorité sportive, puis professorale (pas tous les entraîneurs ni les profs, cependant, mais ceux qui aimaient abuser de leur position d’autorité), j’en ai ramé un coup pour trouver des solutions, et je remercie le principal de l’école où fiston allait d’avoir pris le cas en main et d’avoir fait appel à un psychologue, car mon fils n’était pas le seul élève à subir. Cela a eu pour conséquences le congédiement du directeur des activités étudiantes et a sauvé mon fils d’un décrochage automatique. Cela m’a permis de maintenir un niveau de civilité avec mon fils au lieu de le blâmer. Remarquez que j’avais vu un entraîneur de foot abuser verbalement de mon fils et d’autres joueurs, et cela m’avait outré. Il m’a fallu trois ans pour que je puisse régler le cas de l’entraîneur.

    Si je m’étais comporté comme mon père et que je m’étais mis à blâmer mon fils, je ne verrais plus très souvent ou plus du tout. Quand il m’a demandé d’adopter un chien l’an dernier, me disant qu’il passerait chaque semaine (il vit en appart avec deux amis colocs), j’en ai adopté deux, chiens. Et je ne le regrette pas un instant. Mes fils ont 24 et 20 ans, et je les suis encore et assiste à leurs matchs de foot. Nous allons encore au cinéma ensemble, voyageons ensemble, dans le Sud ou en Gaspésie, avec leurs copine et amis. Cela donne des résultats plus que satisfaisants. Je vous en souhaite autant.

  8. Merci à tous pour vos commentaires. C’est vrai que le décès de Burns m’a rappelé des souvenirs pénibles.

    Ce genre d’évènement me remet en mémoire notre fragilité et ce à quoi on aspire tous au fond, même si parfois la dureté des échanges nous fait perdre de vue certaines choses importantes. Mais votre blogue, Papi, connait des moments de grâce et c’est pourquoi j’aime y revenir. Et c’est tout à votre honneur ainsi qu’à celui des participants, dont Pouloutine qui possède une sensibilité qui m’étonne. Je pense qu’il est récupérable ce cher homme. 😉

  9. Beaucoup d’émotions chez Papi avec ce billet et ces commentaires… De quoi verser une petite larme en ce dimanche matin…

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